concept

Les continuités écologiques

Qu’est-ce-que c’est ?

une modélisation des Réservoirs et des corridors écologiques au sein du paysage


Les continuités écologiques correspondent aux corridors de biodiversité qui permettent aux espèces de se déplacer entre les différents réservoirs de biodiversité (tels que des forêts, des zones humides, des prairies, des bocages, etc.).

Les réservoirs de biodiversité se composent de zones vitales (fonctionnalités d’habitat), riches en biodiversité où les individus peuvent réaliser l’ensemble de leur cycle de vie (reproduction, alimentation, abri…). Quant à eux, les corridors écologiques (fonctionnalités de déplacement) correspondent aux voies de déplacements empruntées par la faune et la flore qui relient les réservoirs de biodiversité (Figure 1). Ces déplacements peuvent s’effectuer de façon quotidienne, pour trouver de la nourriture par exemple, de façon saisonnière lors de migrations, ou de façon ponctuelle.

L’ensemble des continuités écologiques au sein d’un territoire constituent un maillage que l’on nomme réseau écologique.

Figure 1 : Continuités écologiques, Source : Théma environnement, « Définition de la Trame Verte et bleue« 

Continuités écologiques = réservoirs de biodiversité + corridors écologiques

Fonctionnalité d’habitat

La fonctionnalité d’habitat d’une continuité écologique dépend à la fois de la qualité, de la taille des tâches d’habitat considérées, de leur nombre et de leur accessibilité (Figure 2).

  • Qualité d’habitat : le maintien des espèces nécessite que les habitats soient de bonne qualité. Pour évaluer cette qualité, divers critères sont pris en compte liés à la forme ou à la composition. De plus, la diversité interne au sein de l’habitat est également un critère permettant de rendre compte de sa qualité. Par exemple, un environnement forestier diversifié, comprenant une variété d’espèces végétales à différents stades de croissance, offrira une plus grande diversité d’espèces que si la forêt est monospécifique, peuplée d’arbres du même âge.
  • Taille d’habitat : les espèces ont également besoin d’un habitat de taille suffisante en fonction de la taille du domaine vital qui leur est nécessaire (proportionnelle à la taille des espèces et à leurs capacités de déplacement). Cependant, en raison de la modification des paysages résultant des activités humaines, ces habitats sont souvent morcelés, fragmentés et réduits en petites zones isolées. Par conséquent, un habitat fractionné en de nombreuses petites parcelles peut accueillir moins d’espèces qu’un habitat plus vaste. Toutefois, la présence de ces petites taches dans un paysage est importante pour assurer les déplacements des espèces entre les habitats de plus grande surface.
  • Nombre et accessibilité d’habitat : le nombre et l’accessibilité des tâches d’habitats jouent un rôle crucial dans la capacité des espèces à survivre au sein de ces petites zones d’habitat réduites. Il est essentiel que ces habitats soient en nombre suffisant et facilement accessibles aux individus. Cette accessibilité est étroitement liée à la fonctionnalité de déplacement et dépend de facteurs tels que la distance et la perméabilité.
Figure 2 : continuité d’habitat. Source : ACE Nouvelle Aquitaine

Fonctionnalité de déplacement

La fonctionnalité de déplacement d’une continuité écologique est influencée par deux éléments clés : la distance entre les tâches d’habitat et la perméabilité de la mosaïque environnementale (Figure 3).

  • La distance qui sépare les tâches d’habitat : il faut que la distance qui sépare les tâches d’habitats soient franchissable pour les individus. En principe, il y a continuité pour une espèce donnée si la distance entre deux fragments d’habitat favorable est inférieure à la distance que les individus peuvent parcourir lors de leurs déplacements (quotidiens, annuels ou ponctuels). Cette distance varie d’une espèce à l’autre.
  • La perméabilité de la mosaïque : cette perméabilité est définie par les préférences de l’espèce considérée aux différents milieux rencontrés dans le paysage.
Figure 3 : continuité de déplacement. Source : ACE Nouvelle Aquitaine

APPROCHE PAR DIFFUSION CUMULÉE ET Méthode de la perméabilité des milieux

La méthode de la perméabilité des milieux pour une espèce ou une sous-trame est utilisée dans la modélisation des continuités écologiques par le logiciel. C’est une modélisation des capacités de déplacements des espèces en fonction du milieu traversé. Autrement dit, elle représente le degré de facilité avec laquelle des espèces cible peuvent se déplacer dans un milieu. Ces coefficients de perméabilité (également appelés coefficient de friction) sont construits à dire d’experts. Il est pertinent de les confronter aux observations terrain et aux premiers résultats obtenus sur l’analyse des continuités écologiques afin de les modifier si nécessaire. Par la suite, des calculs effectués depuis les pixels d’habitats en prenant en compte les frictions permettent pour chaque sous trame, de définir l’aire potentielle de déplacement des espèces ciblées appelées continuum en se basant sur la méthode des coûts cumulés.

Rôle(s) et fonction(s)

continuités écologiques et biodiversité ?


La survie des populations animales et végétales et l’état écologique du territoire dépendent de l’état du réseau écologique. Le maintien de la connectivité aux seins d’habitats fragmentés permet de favoriser la dispersion des espèces, la colonisation de nouveaux habitats et d’assurer la survie des populations. Les continuités écologiques sont considérées comme fonctionnelles pour les populations lorsqu’elles sont constituées de milieux à caractères naturels diversifiés et favorables à leurs déplacements et lorsqu’elles sont peu fragmentées.

Intérêt(s)

Pourquoi Modéliser les continuités écologiques ?


La Trame Verte et Bleue (TVB) est une approche de planification territoriale qui vise à intégrer les continuités écologiques dans l’aménagement du territoire. Les « Trames Vertes » font référence aux corridors terrestres de biodiversité, tandis que les « Trames Bleues » concernent les corridors aquatiques, tels que les cours d’eau, les lacs, et les zones humides. La création et la préservation des continuités écologiques au sein des TVB sont des éléments essentiels de la planification de la conservation et de l’aménagement du territoire. En effet, l’étude des continuités écologiques permet de définir des espaces de mobilité, d’évaluer la fragmentation des grands types d’habitat, de repérer des ruptures de continuités nécessitant de la restauration, de montrer des synergies ou des antagonismes entre continuités et de faire des choix pour la TVB.

Méthodologie

Modéliser les continuités écologiques d’une espèce


La génération de la carte des continuités écologique comporte trois étapes (Figure 1). Il faudra au préalable créer sa carte d’occupation du sol en lien avec son espèce, puis produire trois cartes : une première carte correspondant à l’habitat de l’espèce considéré, une deuxième correspondant à la perméabilité de l’espèce et enfin générer la carte des continuités écologiques en appliquant un calcul de distance fonctionnelle prenant en compte la carte d’habitat, les coefficients de friction (carte de perméabilité) et la capacité maximale de déplacement de l’espèce.

Figure 4 : étapes simplifiées de la production de la carte des continuités écologiques
Les continuités écologiques SUR LE PLUGIN QGIS

Exemple de modélisation des continuités écologiques


Tutoriel à venir

La TVB et les passages à faunes

exemple d’aménagements en faveur des continuités écologiques


Les passages à faune ont pour objectif de réduire l’impact sur les corridors écologiques en rétablissant une partie des connectivités susceptibles d’être interrompues par le passage d’une nouvelle infrastructure.

Figure 4 : exemples de passages à faunes. Source : ACE Nouvelle Aquitaine

Chaque passage à faune n’a pas la même attractivité pour toutes les espèces et doit être judicieusement choisi en fonction des espèces présentes sur les lieux. L’étude des continuités écologiques sur un territoire permet d’identifier les zones nécessitant ce type de projets d’aménagements.

Mobiliser CHLOE

Continuités écologiques et « chloe Métriques Paysagères ? »


Le logiciel « CHLOE Métriques Paysagères » permet de cartographier des méthodes de la TVB et notamment les continuités écologiques en se basant sur la perméabilité des milieux.

Un outil clé en main permettant de créer sa carte des continuités écologiques à partir d’une carte d’occupation du sol est à l’étude pour simplifier la production de la carte des continuités écologiques. Celui-ci pourra être disponible sur le plugin QGIS du logiciel « CHLOE Métriques Paysagères » prochainement.